Partage de connaissances

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Eau coulant dans notre canal d’irrigation

La semaine sur le chantier a été efficace côté bétonnage et moins efficace côté creusage. En effet, les derniers mètres du canal principal, qui auraient dû être terminés il y a deux semaines, nous causent encore problème dû à l’énorme quantité de roches qui s’y trouvent. De plus, les fermiers n’ont pu creuser quelques heures lundi matin, car ils ont dû répondre à un ‘call’ concernant un vol dans le village.  Heureusement, le bétonnage avance bien.  90 mètres de canal sont complètement terminés et 100 mètres de canal supplémentaires ont maintenant une dalle de fond.  La pluie menace toutefois de ralentir les travaux, puisqu’elle commence à se manifester de plus en plus souvent (1 jour sur 2) pendant quelques heures l’après-midi.

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Fabrication des murs du canal

Nous avons quelques visites cette semaine, dont celle d’un groupe de MVIWATA, notre partenaire local, qui est venu regarder la terre que nous prévoyons acheter et s’assurer que tout était en règle du côté légal. Ceci étant maintenant confirmé et le contrat étant rédigé, l’achat du terrain devrait s’effectuer en début de semaine prochaine. C’est un moment que nous attendons tous avec impatience!

Un membre important du district est également venu nous visiter cette semaine, s’intéressant aux dernières avancées du projet. Puis, nous avons eu la visite tant attendue de Nathalie Roy, une professeure de génie civile qui assure le rôle de superviseure de stage pour le GCIUS. Nous l’avons accueillie à l’aéroport jeudi soir et elle reste avec nous jusqu’à samedi prochain, soit le 28 octobre. Nous avons profité de son passage pour lui présenter les membres du WUSC, l’organisme étant présentement en train de terminer sa semaine de réunion de mi-projet Uniterra.

Nous avons également pu visiter l’Arusha Technical College, où étudient les élèves qui travaillaient avec nous pour les trois premières du projet. Nous y avons rencontré le recteur, le chef de département de génie civil ainsi que deux autres professeurs avec lesquels nous avons pu échanger sur le projet. Nous étions agréablement surpris de constater que la majorité des questions et des discussions concernaient la pérennité du projet et son impact dans la communauté.

 

Finalement, nous avons pleinement profité de notre fin de semaine… pour la plupart. Malheureusement, deux membres du groupe ont eu quelques troubles, les forçant à rester à la maison pour la fin de semaine.

Pour le reste du groupe, nous avons profité de notre samedi pour visiter le parc national du Tarangire. Il s’agit d’un parc plus grand que le premier que nous avons visité, réputé principalement pour ses éléphants et ses baobabs. Nous avions une voiture à toit ouvrant, dans laquelle nous pouvions nous mettre debout sur nos sièges pour profiter pleinement de la vue sur le parc. La concentration d’animaux était nettement plus élevée que dans le parc Manyara, ce qui nous a permis de voir beaucoup d’animaux, dont des lions et des guépards. Nous étions aux anges!

Le dimanche a été consacré à une toute autre activité : la visite d’art rupestre à Kolo, vers le centre de la Tanzanie. Pour ceux qui se le demandent, l’art rupestre représente l’ensemble des peintures réalisées il y a des milliers d’années par les communautés indigènes qui habitaient la région. Malgré la route qui était dans les pires que nous ayons vécus et la guide qui ne donnait que l’information nécessaire, la visite fut intéressante et nous avons eu droit à des belles vues sur le paysage environnant.

 

P.S. Prévoyez déjà un retard dans le blog de la semaine prochaine, puisque nous prendrons la journée de vendredi à faire un safari dans le cratère du Ngorongoro avec Nathalie.

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Semaine agitée après un weekend tranquille

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Un bel arbre en floraison à Dongobesh

Désolé pour le retard, mais cette semaine fut une grosse semaine de travail pour le GCIUS. Sur le chantier, nous avons commencé l’érection des murs du canal, composés de grosses pierres et de mortier. Puisque chaque roche est choisie avec soin afin de limiter les espaces et réduire la quantité de mortier à appliquer, la tâche est assez longue et ardue. Les journées commencent à 6h30 le matin pour se terminer vers 18h00 le soir. Heureusement, nous faisons deux équipes afin de couper la journée de 12 heures en moitié.

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Construction des murs du canal principal

Comme pour nous rajouter de la pression, la pluie a commencé à se pointer le bout du nez cette semaine. Nous savons que notre temps nous est compté avec les agriculteurs, puisque leur priorité sera de cultiver leur champ lorsque la saison des pluies débutera. Et les quelques mètres qui restent à creuser sur le canal principal nous causent problème dû à l’immense quantité de roches qui s’y trouvent. Nous avons toutefois espoir de terminer le canal principal cette semaine pour commencer avec les canaux secondaires la semaine prochaine.

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La fin du canal est assez rocailleuse

Ce fut également une grosse semaine chez nos partenaires. En effet, notre partenaire local, MVIWATA Manyara, organisait sa réunion annuelle. Nous étions donc quelques-uns à faire acte de présence, mais ce qui s’y déroulait ne nous concernait guère : assurance santé et comptes bancaires pour les agriculteurs, le tout en kiswahili.

Nous avons reçu la visite d’un membre important du WUSC la journée suivante. Il est présentement en Tanzanie pour la rencontre de mi-projet du programme Uniterra, qui se déroulera à Arusha la semaine prochaine. Lors de sa visite sur le chantier, ses collègues du WUSC et lui ont soulevé quelques points importants à considérer. Leur visite nous a été très utile et nous leur étions reconnaissants d’avoir fait toute cette route pour venir nous voir.

La fin de semaine s’est déroulée pour la première fois dans le confort de notre maison.  Nous en avons profité pour fêter l’Oktoberfest le vendredi soir et relaxer le reste de la fin de semaine.

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L’équipe du GCIUS fête l’Oktoberfest!

Nous avons également profité de la fin de semaine pour faire une toute nouvelle acquisition : nos poules! Depuis le temps qu’on en parlait, nous en avons finalement eu trois. Peut-être que d’autres s’en suivront… c’est à voir!

Vivre pleinement l’Afrique

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Malgré quelques pépins, le début de la cinquième semaine du GCIUS en Tanzanie se déroule plutôt bien. En l’absence de certains matériaux nécessaires au début du bétonnage, une vingtaine de fermiers devaient être présents au site de construction lundi pour continuer de creuser le canal. Or, le décès de l’un des doyens du village, un homme ayant atteint l’âge vénérable de 90 ans, explique pourquoi seulement cinq cultivateurs se présentent lundi matin. Le lendemain est décrété jour d’enterrement et Charles Bernard s’y rend pour appuyer la communauté dans son deuil.

Dès mercredi, les villageois sont de nouveaux prêts à mettre la main à la pâte pour continuer leur travail sous les yeux attentifs des membres du GCIUS. Les fermiers redoublent d’ardeur et réussissent pratiquement à finir de creuser le canal principal. La planification des canaux secondaires qui amèneront l’eau dans les champs les plus en contrebas débute donc durant la semaine.

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Creusage du canal principal presque terminé!

Entre temps, tout est mis en place pour la première coulée de béton du projet. Les dernières livraisons de matériaux arrivent, un deuxième test pour déterminer la meilleure recette de béton est conduit et les quelques détails logistiques restants sont réglés. Au milieu de la semaine, le grand jour du béton arrive et tous aimeraient pouvoir être présents sur le chantier pour observer la naissance de cette nouvelle phase cruciale à la réalisation du projet.

Cependant, plus de la moitié de l’équipe se retrouve dès dimanche clouée au lit ou simplement incapable de sortir de la maison. La cause? Grippe pour certains, intoxication alimentaire pour d’autres, une chose est certaine, quelques jours de repos sont au rendez-vous. Heureusement, tous sont de retour sur pied dès le vendredi matin pour affronter la prochaine semaine qui s’annonce déjà chargée.

Au final, le fameux premier bétonnage se passe comme prévu et près de 80 mètres de béton sont coulés sur le lit du canal au cours de la semaine.

La fin de semaine menant à toutes ces péripéties fut riche en émotions de par les différents moments vécus par chacun des membres. Dès vendredi, un long périple en camion nous mène à Arusha où nous nous régalons d’un repas indien longtemps salivé. Le lendemain, nous partons vers Moshi, la ville de départ pour l’ascension du Kilimandjaro, pour aller y rencontrer une autre volontaire Uniterra. Nous en profitons en chemin pour faire un arrêt aux sources thermales de la région, connues sous le nom de Maji Moto.  Puisque nous sommes arrivés tôt, nous sommes seuls à se baigner dans les eaux cristallines de ce lieu paradisiaque.  Nous avons également droit à une exfoliation gratuite, gracieuseté des petits poissons qui s’y trouvent.

 

Suite à cette activité revigorante, nous mangeons à Moshi en compagnie de Nina. Nous échangeons nos différentes expériences du dernier mois autour d’un repas typiquement américain qui nous rappelle un peu notre chez-soi.

Finalement, départ vers la base du fameux Kilimandjaro où une petite randonnée nous attend avant d’atteindre la magnifique chute de Materuni. La baignade dans l’eau glacée à la base de la chute permet de rafraîchir tous ceux qui s’y jette!

 

En clôture de cette semaine remplies de hauts et bas, la célébration de l’Oktoberfest! Quoi de mieux pour prendre le temps d’avoir du plaisir entre amis et de simplement décrocher pendant quelques instants de notre cadre maintenant quotidien.

Rapprochements avec la communauté (humaine et animale!)

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On a parfois plusieurs spectateurs quand on travaille!

Cette semaine a été une autre semaine pleine de rebondissements. D’abord, nous étions supposés commencer le béton cette semaine, mais l’un des fournisseurs n’a pas pu nous livrer le gravier à temps, reportant la fabrication du béton à la semaine prochaine.

Un ingénieur en irrigation du gouvernement est venu nous donner des conseils et nous confirmer l’emplacement des boîtes de division de l’eau (là où se trouve la jonction avec les canaux secondaires). Nous avons donc pu creuser l’emplacement de celles-ci, en plus de continuer le creusage du canal, qui avance de bon train.

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Déchargement d’un camion de gravier

Nous avons également eu une rencontre importante cette semaine. En effet, tous les ‘leaders’ y étaient: comité de construction, groupe de femmes, représentant des fermiers, officier exécutif du village, dirigeant de notre partenaire local, MVIWATA Manyara, et représentante du district. L’avancement du canal a été discuté, mais le sujet le plus important a été l’égalité homme-femme dans le projet. On nous a assuré une fois de plus qu’il y aurait plus de femmes impliquées dans toutes les étapes du projet.

C’est également à ce moment que nous avons eu vent de terrains vendus par le gouvernement du village. Cela faisait un moment que nous discutions pour tenter de trouver un terrain afin que les femmes puissent profiter pleinement de leurs récoltes, mais les terrains disponibles se font rares dans un si petit village. Ces terrains représentent donc une occasion en or pour nous, surtout que les terres sont irriguées à l’aide de pompage provenant d’un ruisseau tout près. Rien n’est confirmé, mais le GCIUS compte faire l’acquisition des terrains, d’une superficie totale de 40m x 40m, d’ici la semaine prochaine. Il va sans dire que le prix des terrains n’est en rien comparable à ceux du Québec! Si la transaction se déroule bien, cette terre accueillera une coopérative de fermières créée par le GCIUS. Les femmes de cette coopérative pourront profiter des revenus occasionnés, pour elles et leurs enfants, et pourront développer des compétences importantes en agriculture et en gestion. Également, cette terre pourrait fournir une belle opportunité pour un projet d’ingénierie: elle est comme une toile sur laquelle la créativité du GCIUS pourra être exprimée.

Ceci était un gros rebondissement, mais la plus grande surprise cette semaine a été une invitation de la part de fermiers à un mariage. Évidemment, nous avons sauté sur l’occasion pour expérimenter le mariage tanzanien et en découvrir un peu plus sur leur culture! Après être allés acheter le cadeau de mariage, nous sommes arrivés un bon trois heures en retard à la cérémonie et, comme de fait, celle-ci ne faisait que commencer. C’était vraiment une expérience hors du commun, avec beaucoup de chants. Les gens étaient très contents de nous y voir et nous ont même demandé un discours, ce que Charles a fait avec plaisir. Nous avons même eu des photos avec les mariés!  Malheureusement, ceux-ci n’avaient pas l’air des plus heureux de s’unir…

La réception a aussi été remplie de chant et de danse.  Quand il fut le temps de donner le cadeau, après avoir attendu plus d’une heure la famille de la mariée qui voulait plus d’argent pour leur fille, nous avons dû danser pour se rendre sous la tente des mariés. Nous avons ensuite donné notre cadeau, soit une corde et une somme d’argent suffisante pour que le couple s’achète une chèvre.

Finalement, les membres du GCIUS ont profité de cette semaine pour faire un premier safari, dans le Parc National du Lac Manyara. C’était une première pour tous! Ce fut vraiment une journée inoubliable : beaucoup d’animaux, une voiture de rêve et surtout, de la bonne compagnie! Nous avons pu expérimenter les animaux de très proche, surtout les éléphants et les babouins, qui se tenaient souvent à quelques mètres seulement de l’auto. Les paysages également étaient magnifiques, avec les décors de savane et les baobabs.

Dans la semaine qui suit, guettez l’apparition de notre première ‘Chronique du Baobab’ sur Facebook, un court vidéo qui résume bien nos débuts sur le chantier!

Péripéties tanzaniennes

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Cette semaine a été une semaine productive : les coffrages (moules pour le béton) sont commencés, 130 mètres de canal supplémentaires ont été creusés et les matériaux commencent à prendre place dans l’entrepôt.  L’essai de la granulométrie (distribution des granulats utilisés) de nos matériaux a été réalisé afin de déterminer la composition idéale pour notre béton et un test de béton a été effectué cet après-midi pour savoir combien d’eau est nécessaire dans sa fabrication.

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Jean-Félix et les étudiants d’Arusha Technical College lors de la fabrication de béton

Nous avons participé à un rassemblement du village cette semaine, afin de se présenter officiellement à tous et de recueillir questions ou commentaires sur le projet.  Nous avons été agréablement surpris par les commentaires positifs des hommes, mais surtout des femmes, qui insistaient sur l’impact positif qu’allait avoir le projet sur eux.

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Rassemblement du village de Dirim, où est construit le canal d’irrigation

Nous avons vécu le premier incendie de l’histoire du village de Dongobesh. Malheureusement, deux propriétaires ont perdu la totalité de leur magasin. C’est un problème électrique qui est en cause. Cette péripétie a permis au groupe de comprendre davantage la réalité qui les entoure et de pratiquer ses compétences en situation d’urgence. Le bris du transformateur nous a causé un petit délai dans nos travaux électroniques, tel que nos rapports, inventaires, etc. puisqu’il a causé une panne d’électricité qui a duré environ deux jours.  Sans ordinateur, sans cellulaire, nous avons profité d’un peu de repos des appareils électroniques : souper aux chandelles, toasts sur le poêle, jeux de société et beaucoup de lecture.

Nous avons également profité de notre première fin de semaine à Dongobesh pour aller monter une montagne, le mont Hanang.  Après un réveil difficile à 4h00 du matin et une route ressemblant plus à un champ de roches qu’à un chemin, nous sommes finalement arrivés au pied de la montagne de 3420m d’altitude.  Dû à notre départ retardataire, notre manque d’acclimatation à l’altitude et la difficulté du sentier, nous n’avons pas pu nous rendre jusqu’au sommet.  Peu importe, nous étions satisfaits par notre sommet à 3200m et les belles vues que nous avions tout au long de la randonnée.

La semaine a également été marquée par les marchés au village de Dongobesh et de Dirim, des marchés immenses où l’on trouvait de tout : nourriture de rue, tissus, objets de la vie courante et surtout, beaucoup de bétail.  Nous sommes passés à deux doigts d’y acheter des chèvres, mais n’étant pas prêts à les recevoir, nous avons pris notre mal en patience.

Nous avons finalement profité d’une soirée à la maison pour aller jouer une partie de soccer amicale avec les étudiants d’Arusha Technical College. Un superbe arc-en-ciel nous accompagnait lors de notre partie.

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Partie de soccer amicale avec les étudiants d’Arusha Technical College

L’apparition des nuages et le vent qui s’est levé ces derniers jours semblent annoncer l’arrivée prochaine de la saison des pluies. Cette saison marque un délai important à respecter alors que les fermiers ne peuvent plus creuser une fois le temps pluvieux à notre porte. Le temps est donc déjà compté, mais l’échéancier est bien suivi et le projet est à jour. Avoir son coton ouaté toute la journée, ce n’est pas la vision qu’on se fait de la météo africaine!

Petit extra de la première semaine : Formation GALS sur l’égalité homme-femme

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Après une première semaine caractérisée par la découverte et l’épanouissement, Charles, notre agent communautaire, a eu la chance de visiter la communauté de Dirim. Cette opportunité s’est présentée sous le cadre de la formation GALS (Gender Action Learning System), une série d’ateliers de sensibilisation sur les réalités familiales et les améliorations qui sont possibles et envisageables. Alors que le reste de l’équipe terminait son apprentissage en kiswahili à Arusha, c’était une très longue route qui attendait l’élève en politique ainsi que ses accompagnateurs.

On retrouvait sur le siège avant Mme Manu Mwaipopo, directrice des opérations du WUSC en Tanzanie. Cordées sur la banquette arrière, Stéphanie et Jaime préparaient leurs plans pour les entrevues qu’elles s’apprêtaient à mener. Stéphanie Gasana est responsable des communications pour le programme Uniterra. Elle tente de documenter les activités, les projets et les histoires à succès du programme. Jaime Little est une journaliste originaire de Nouvelle-Écosse qui vit à Montréal depuis plusieurs années, œuvrant comme reporter chez CBC pour les nouvelles en rapport aux communautés autochtones. Elle rédige en Tanzanie des articles pour Banza Wire, une chronique hebdomadaire destinée aux fermiers locaux et aux agences de radio agricoles.

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De gauche à droite : Stephanie Gasana, Jaime Little, une participante, Grace et Jumanne, un expert en égalité homme-femme

Finalement, c’est Sadik, chauffeur expérimenté du WUSC, qui manœuvrait le véhicule à travers les routes sinueuses menant à la montée imposante qui longe le plateau du rift africain. Après de longues heures de route et une nuit dans la ville de Mbulu, le groupe arriva enfin à Bashay, un village voisin de Dirim dans lequel se déroulait la formation du GALS. Cet évènement a eu lieu en partie à cause des efforts du financement du GCIUS, qui a mobilisé 1400$ de son budget pour organiser la formation. Charles entra donc en relation avec Grace, l’organisatrice, qui lui expliqua que les premiers jours avaient été ardus et que les premiers ateliers s’étaient révélés plutôt infructueux. Elle témoignait que les hommes du village semblaient être habités par un doute, ou du moins qu’ils étaient perplexes face aux intentions des ateliers et des formateurs. Le défi a donc été de faire comprendre que le but n’était pas de diminuer le rôle de l’homme et de forcer ces derniers à laisser plus de place à la femme. Heureusement, l’atmosphère était complètement différente le vendredi, la tension qu’avait relatée Grace était entièrement dissipée. La raison principale de ce changement de dynamique est que les champions, des bénévoles qui ont eu la formation précédemment, ont souligné l’importance de la collaboration entre l’homme et la femme ainsi que la communication dans le cadre familial. La vie de tous les jours est plus aisée si le travail est fait ensemble et les taches réparties, c’est le message du GALS. Ainsi, comme il était question d’efficacité, d’augmentation des revenus et de la productivité, les idées et valeurs portées par les ateliers semblaient avoir généré un intérêt autant chez les hommes que chez les femmes.

Le dernier jour était axé principalement sur la transmission des apprentissages et sur la diffusion du message. Le mot clé de cette journée était l’engagement, c’est-à-dire que les participants (35 femmes et 30 hommes) s’engageaient à définir les relations personnelles dans lesquelles il serait possible de parler et de partager ces connaissances. Pour certains, la famille représentait la meilleure plateforme tandis que pour d’autres il s’agissait soit du travail ou de l’église, par exemple. La méthode utilisée pour cet exercice était le dessin, résultant ainsi en une multitude de schéma et de portraits différents, uniques.

 

Il était aussi question de la présence féminine dans les comités de construction et les rencontres de village; les hommes présents ont mentionné qu’ils allaient inviter les femmes de la communauté et qu’en tant que mari, ils allaient les laisser participer.

En général, les activités se déroulaient dans le respect et dans le plaisir, notamment avec Kumba, une championne, qui animait le groupe avec une panoplie de danses, de chants et de cris de joie. Que ce soit des femmes, des hommes, des fermiers ou des représentants du gouvernement, les participants ont fortement apprécié la formation, en partie à cause de sa nature informative et qu’elle évitait le catégorique et le ton autoritaire. Stéphanie et Jaime ont eu la chance de recueillir plusieurs commentaires positifs, beaucoup d’entre eux provenant de femmes. Elles précisaient qu’elles appréciaient que le GCIUS mette la femme et son rôle au centre de ses décisions et de son projet. Ces dernières mentionnaient aussi que la formation organisée par Uniterra et les étudiants va avoir un effet positif sur la vie familiale, et ce à long terme.

L’équipe a donc repris la route vers Arusha après cette journée marquée de succès et de grands sourires, eux qui ravissaient notamment le visage de Charles et de ses collègues.

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Participants de la formation GALS à la fin de celle-ci

On commence pour de vrai!

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Débuts sur le terrain – Arpentage avec Jean-Félix

On peut dire qu’il s’en est passé des choses depuis vendredi passé! Après une semaine de formation au bureau du WUSC, nous avons passé notre samedi dans les rues d’Arusha à acheter ce qu’il manquait avant d’assister à un festival, le Tigo Fiesta, en soirée.  C’était semblable au festival d’été de Québec, sauf que les billets s’achetaient dans une vanne, nos bracelets étaient coupés à l’entrée et qu’il y avait plus de vingt artistes dans une même soirée.  Le lendemain, certains ont profité d’un peu de temps libre pour jouer au soccer avec des jeunes locaux.

Lundi matin, 11 septembre, première ‘vraie’ journée de stage.  C’est vraiment surprenant à quel point il y a des gens à rencontrer afin de faire un projet comme celui-là.  Pour vous simplifier la situation, voici les différents paliers de gouvernement que nous avons dû rencontrer :

Région (Manyara) –> District (Mbulu) –> Zone (Bashay) –> Village (Dirim)

On commence par rencontrer notre partenaire local, MVIWATA Manyara, qui représente les intérêts des fermiers de la région de Manyara.  Les têtes dirigeantes de l’organisme semblent très contentes de nous voir, certains doutant de notre capacité à amasser 70 000$ en une année.  Plusieurs embarquent avec nous pour la suite des rencontres d’usage.  On se rend donc à l’office régional à Babati, puis on voyage à Mbulu pour rencontrer le commissaire et l’officier exécutif du district.  Les routes sont belles et les gens, chaleureux.

 

Cette journée est également notre première avec les étudiants d’Arusha Technical College, trois étudiants en ingénierie civile qui seront en stage avec nous jusqu’à la mi-octobre.   Ce fut en fait notre premier imprévu du stage, car nous les attendions seulement deux semaines plus tard.   Nous peinions déjà à nous gérer nous-mêmes, alors n’imaginez pas gérer d’autres personnes!  Heureusement, tout s’est mis en place facilement, puisque nous avions plusieurs tâches différentes à faire dans lesquelles leurs connaissances du pays, de la langue et du génie civil nous ont été grandement utiles.

Les rencontres officielles ont continué mardi, en rencontrant le directeur de la zone de Bashay, l’office du village et le bureau du comité de construction. Plus on se rapprochait du site de construction, plus les gens étaient contents de nous voir, ce qui faisait chaud au cœur.

Deuxième imprévu du stage : nous avons appris que nous devions tout creuser avant début novembre afin de permettre aux agriculteurs de travailler dans leurs champs lorsque la saison des pluies débuterait.  Il n’y avait donc pas de temps à perdre avant de commencer la construction sur le terrain!

Au cours de la semaine, nous avons pu mettre au niveau, élargir et redresser les 90 mètres déjà creusés par les fermiers, en plus de faire le tracé pour les prochains 200 mètres de canal.  Les débuts nécessitèrent un peu d’adaptation, mais ce ne fut pas trop long avant que toute l’équipe s’y connaisse en arpentage et mette la main à la pâte!

 

Alors que certains débutaient sur le chantier, quelques-uns ont assisté à une réunion du comité de construction et d’autres ont visité divers fournisseurs pour l’achat des matériaux.  Nous ne pourrions pas survivre ce train de vie pour trois mois, mais ce fut une semaine efficace!

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Comité de construction 

 

C’est également cette semaine que nous sommes finalement arrivés à la maison à Dongobesh, notre chez-soi pour les prochains trois mois et demi.

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Elle surpassait de loin mes attentes, quoique celles-ci fussent très basses.  Un salon pouvant contenir 8 personnes et un réfrigérateur, c’est une perle rare à Dongobesh!  Nous avons également un grand terrain, dans lequel nous prévoyons installer plusieurs poules et peut-être quelques chèvres.  Un grand travail de ménage a dû être fait, mais nous sommes maintenant installés confortablement pour les mois à venir.

Arrivée en Tanzanie

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Départ du GCIUS de Montréal samedi le 2 septembre

Après deux jours passés à dormir seulement quelques heures dans les avions et aéroports,  nous sommes finalement arrivés à Arusha en Tanzanie le lundi 4 septembre. Arusha est une ville d’environ 500 000 habitants surplombée par le mont Meru et est reconnue comme point de départ pour de nombreux safaris et pour l’ascension du Kilimandjaro.  Malgré une population importante, la ville ne comporte que trois lumières de signalisation et aucun stop.  La circulation y est assez chaotique et les nids-de-poule, violents. Heureusement, le temps y est frais, et on en profite avant l’arrivée des grandes chaleurs au mois de novembre.

Plusieurs choses diffèrent au premier regard : les voitures circulent à gauche, la végétation s’approche de la savane , la langue est différente. Toutefois, aussi rapidement qu’est disparu le décalage horaire, nous nous sommes vite habitués à ces différences culturelles.

Au cours de la semaine, nous avons eu la chance d’en apprendre plus sur le pays et ses mœurs au bureau du WUSC, notre partenaire canadien. Nous avons profité de la semaine pour arranger plusieurs détails de logistique et faire de belles rencontres, tant avec la communauté locale qu’avec des volontaires. Parmi ces derniers se trouve Nina, une étudiante de l’université d’Ottawa qui participait à la formation avec nous (voir photo ci-dessous). Elle se rendra dans la région de Moshi, près du Kilimandjaro, afin d’aider des jeunes entreprises à démarrer.

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L’équipe du GCIUS avec kaka Andrew (à gauche) et Nina (deuxième à partir de la droite)

Nous avons également eu la chance d’améliorer nos connaissances en kiswahili à l’aide de deux cours donnés par kaka Andrew (voir photo ci-haut). Malgré la grande aide que cela nous a apporté, je dois dire que notre kiswahili est loin d’être parfait!

En bref, nous sommes tous très heureux d’y être enfin et un grand merci au WUSC de nous avoir si chaleureusement accueilli lors de cette première semaine en Tanzanie!

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Marche de retour du bureau, après une journée de formation

Partenaires

Le G.C.I.U.S. est fier d’encourager des initiatives locales ayant pour but de briser le cycle de la pauvreté. Guidé par la vision d’un monde solidaire et équitable, le groupe met en œuvre tous les moyens nécessaires pour réaliser ses projets année après année.

Cependant, la réalisation de tels projets ne serait pas possible sans l’appui financier de nos différents partenaires québécois. En devenant partenaire du G.C.I.U.S., vous avez la possibilité d’appuyer un projet d’envergure en collaboration internationale tout en améliorant la visibilité de votre entreprise au sein de la population universitaire et québécoise.

Prenez aussi note que les membres du groupe réalisent ces projets de façon complètement bénévole et que le G.C.I.U.S. est un organisme sans but lucratif reconnu comme un œuvre de bienfaisance.

Merci à tous les partenaires 2017 pour leur soutien !

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Projet 2017

Le projet de l’édition 2017, soit la réalisation d’un kilomètre de canaux d’irrigation, sera effectué en collaboration avec l’organisation locale MVIWATA Manyara, soit un regroupement des fermiers de la région. Ce partenariat permet au GCIUS de contribuer à un projet qui compte toucher les quelques 1200 habitants des village de Dirim en leur permettant d’avoir accès à 300 hectares de nouvelles terres irriguées.

L’irrigation des terres cultivables est un enjeu important avec de grandes retombées pour la sécurité alimentaire et l’économie des populations sujettes aux aléas des changements climatiques. La région de Dirim et Gatagujo compte près de 1500 hectares adaptés à l’irrigation alors que seulement 200 de ceux-ci le sont en ce moment. Ne recevant qu’entre 300 et 550 mm de pluie par année, ce qui n’est pas suffisant pour permettre la pratique de l’agriculture en saison sèche, l’irrigation demeure la seule façon d’atteindre deux périodes de récoltes par année. L’ajout des 300 hectares d’irrigation devrait faire passer les récoltes de 5 tonnes/hectare (2014) à 25 tonnes/hectare (2018) pour les cultures d’oignons, poivrons verts, carottes, fèves et ail.

En plus de participer à la construction des canaux, le GCIUS travaillera à l’optimisation de l’utilisation des ressources en eau en éliminant les fuites et en informant la population sur le système en place. Ce projet présente aussi l’opportunité pour le groupe de l’Université de Sherbrooke d’échanger ses connaissances avec les étudiants de l’Arusha Technical College, une université de la région bien établie dans le domaine de l’irrigation. La durabilité et la pérennité d’un projet étant deux valeurs importantes pour le GCIUS, la discussion qui sera mise-en-place avec les étudiants locaux s’inscrit directement dans un objectif de fournir aux populations les moyens de se développer et de demeurer autonome.

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